Jean-Philippe Rameau
Intégrale des Pièces de Clavecin en Concerts
avec un violon, et une viole (Paris, 1741)

Le programme

Premier Concert
La Coulicam, Rondement ; La Livri, Rondeau gracieux ; Le Vézinet, Gaiement, sans vîtesse
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Deuxième Concert
La Laborde, Rondement ; La Boucon, Air gracieux ; L’Agaçante, Rondement ; Premier Menuet – 2e Menuet
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Troisième Concert
La Lapopliniere, Rondement ; La Timide, Per Rondeau gracieux – 2e Rondeau gracieux ; 1er Tambourin – 2e Tambourin en Rondeau
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Quatrième Concert
La Pantomime, Loure vive ; L’Indiscrette, Vivement ; La Rameau
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Cinquième Concert
Fugue La Forqueray ; La Cupis, Air tendre ; La Marais, Rondement

Publiées à Paris en 1741, les Pièces de Clavecin en Concerts de Jean-Philippe Rameau (1683-1764) occupent une place importante non seulement dans le répertoire de clavecin, mais également dans l’histoire de la musique. Comme Rameau nous le dit dans son Avis aux Concertants qui préface l’œuvre : “le succès des Sonates qui ont paru depuis peu, en Pieces de Claveçin avec un Violon, m’a fait naître le dessein de suivre à peu près le même Plan dans les nouvelles Pieces de Claveçin que je me hazarde aujourd’hui de mettre au jour : j’en ai formé de petits Concerts entre le Claveçin, un Violon ou une Flute, & une Viole ou un 2e Violon ; le Quatuor y regne le plus souvent […]”
Il est sans doute utile de situer la parution de cet opus. En effet, lorsqu’il écrit ses Pièces de Clavecin en Concerts, Rameau a déjà publié trois livres de pièces de clavecin (les Pièces de clavecin en 1706, le 2e livre de clavecin en 1724, et les Nouvelles suites de pièces de clavecin en 1728). On trouve d’ailleurs à partir du 2e livre un clavecin d’une virtuosité inégalée en France, comme si Rameau voulait pousser toujours plus loin les limites de l’instrument (le titre Les trois Mains des Nouvelles suites est à cet égard éloquent). Entre 1728 et 1741, Rameau se consacrera entièrement à l’opéra, et fera là aussi montre de son génie : se succèdent Hippolyte et Aricie en 1733, Les Indes galantes en 1735, Castor et Pollux en 1737, et Les fêtes d’Hébé et Dardanus en 1739.
Mais en 1734 paraissent les sonates dont parle Rameau dans son Avis : il s’agit de l’Opus 3 de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772), dans lesquelles la pièce de clavecin est enrichie d’un accompagnement au violon, style tout à fait pionnier dans l’histoire de la musique de chambre. On peut imaginer que cette nouvelle façon d’écrire pour le clavecin en permettant d’augmenter sa palette sonore a tout de suite tenté le Rameau des opéras. Ne faisant jamais rien à moitié, celui-ci adjoint au clavecin non seulement un violon, mais également une viole, élargissant d’autant ses possibilités. Pour autant, toujours selon son Avis, “Ces Piéces exécutées sur le Claveçin seul ne laissent rien à désirer ; on n’y soupçonne pas même qu’elles soient susceptibles d’aucun autre agrément : c’est du moins l’opinion de plusieurs personnes de gout & du mêtier que j’ai consultées sur ce sujet, & dont la plûpart a bien voulu me faire l’honneur d’en nommer quelques-unes.” Rameau prendra même la peine d’écrire des versions pour clavecin seul des quelques pièces où les parties principales sont tenues en partie par le violon ou la viole.
Loin d’être passagère, cette nouvelle façon d’écrire pour clavier avec un ou plusieurs instruments jouira par la suite d’un vif succès en France (Louis-Gabriel Guillemain, Armand-Louis Couperin, …), en Angleterre (William Jackson, …) et en Allemagne (Carl Friedrich Abel, Johann Schobert, …), et donnera naissance au “trio à clavier” de l’époque classique. On peut donc raisonnablement considérer ces Pièces de Clavecin en Concerts à la fois comme le dernier livre de pièces de clavecin de Rameau, et comme les premiers trios à clavier de l’histoire de la musique.


Distribution

Les Timbres
Yoko Kawakubo violon
Myriam Rignol viole de gambe
Julien Wolfs clavecin


Au disque

   
« Un travail d’orfèvre sensible et illuminé par l’intelligence. Les Timbres nous livrent une éblouissante leçon de musique de chambre (…). » (Diapason)
« La version qu’en donne Les Timbres est d’emblée admirable. » (Agoravox)
« Le violon charmeur avec juste ce qu’il faut de mordant de Yoko Kawakubo, la viole moirée et chaleureuse de Myriam Rignol, le clavecin précis et pétillant de Julien Wolfs méritent certes des éloges individuellement, mais on a surtout envie de saluer la belle entente qui règne entre eux et leur permet de trouver en permanence le ton juste et de dialoguer de façon naturelle (…) ». (Passée des arts)
» Avec une cohésion totale du trio, on apprécie leur liberté de parole où violon et viole fusionnent parfois tandis que le clavecin donne le cap sans pesanteur ».  (Muse Baroque)


Contact

Vincent Morel
vincent.morel@agencerameau.com
+33 (0)6 75 52 22 09



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