Les Passions de l’Âme
Airs et ritournelles de Michel Lambert (1610-1696)
et Sébastien Le Camus (c. 1610-1677)

Au festival Musique et Mémoire le 18 juillet 2018

Le programme

Le XVIIème siècle a, plus que tout autre auparavant, exploré les passions de l’âme, que ce soit de façon philosophique (Les Passions de l’âme de Descartes en 1649), picturale (Discours sur les Passions de l’âme de Lebrun en 1668), ou littéraire. En ce domaine, un courant particulièrement va s’attacher à la passion amoureuse, traitée avec grande pudeur mais aussi la plus grande profondeur : celui de la préciosité. Non pas celui des Précieuses Ridicules, sottes voulant se mettre à cette mode et dont se moque Molière, mais bien celui   des « véritables précieuses [qui] auraient tort de se piquer lorsqu’on joue les ridicules qui les imitent mal » (préface aux Précieuses Ridicules, 1659).
À cette poésie qui se développe dans les « ruelles » des précieuses (cet espace entre le lit d’apparat où se tient la dame qui reçoit et le mur de la chambre, «  ruelle » où se retrouvent les amis intimes) il fallait un écrin musical laissant les mots s’épanouir pleinement. Ce sera l’air sérieux, une mélodie accompagnée par la basse continue, où la musique est guidée pleinement par la prosodie du texte et en souligne le sens. À cela viennent rapidement s’ajouter quelques ritournelles instrumentales, en prélude ou conclusion du texte chanté.
Deux compositeurs vont particulièrement s’illustrer dans ces airs sérieux dont l’imprimeur Ballard publiera de nombreux recueils : Michel Lambert et Sébastien Le Camus. Tous deux, nés aux environs de 1610, connurent des évolutions parallèles, même si le premier a joui d’une renommée plus grande encore.
Lambert fut formé dans la maîtrise de Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII. Etabli comme maître de chant à Paris en 1630, on sait qu’il fréquenta les cercles de plusieurs précieuses. En 1661, il est nommé maître de musique de la Chambre du Roi, alors qu’il dansait depuis une décennie déjà aux côtés du jeune Louis XIV et de Jean-Baptiste Lully dans les ballets de cour dont il écrivit la plupart des récits et dialogues vocaux. Jean-Baptiste Lully épousera d’ailleurs sa fille en 1662. Lambert enseigna également son art aux plus grands, chanteurs comme nobles, et a joui jusqu’à sa mort en 1696 d’une formidable réputation.
On connaît moins la vie de Sébastien Le Camus, né également vers 1610. On le retrouve lui aussi au service de Gaston d’Orléans, et en 1660, il est nommé Maître de la Musique de la reine Marie-Thérèse, puis en 1661, violiste et théorbiste de la Musique de la Chambre du roi. Il fut ami de Madame de Sévigné qui, disait-il, chantait bien ses airs, et a fréquenté les mêmes cercles de précieuses que Lambert. Tous deux furent d’ailleurs célébrés par leurs contemporains comme principaux compositeurs d’airs tels ceux de ce programme.

Au moment où l’opéra triomphe et où l’air de cour mondain décline, Michel Lambert fait imprimer en 1689 un recueil d’airs d’une telle importance qu’il rappelle les éditions des opéras de Lully. Pourtant, Lambert tout comme le Camus, est le témoin d’une mondanité où la musique et le texte tissent des liens étroits sans être contraints à une efficacité requise par la représentation théâtrale. Les textes des airs de cour sont donc en général d’une simplicité qui déclenche une émotion très directe, tout en étant d’une poésie des plus subtiles.
Pour un voyage d’une telle diversité d’émotions, nous avons construit le programme en suivant les développements de la relation entre deux protagonistes, Sylvie et Tircis, ceux-ci nous menant, comme dans un petit opéra, de l’impatience amoureuse à la félicité, par un chemin croisant aussi la jalousie, le désespoir de l’abandon, et tant d’autres émotions que le texte et la musique feront résonner en vous.

Les pensées, les états et les sentiments amoureux restent intemporels dans leur expression aussi bien musicale  que poétique.


Distribution

Les Timbres
Elodie Fonnard soprano
Marc Mauillon baryton
Yoko Kawakubo, Maite Larburu violons
Myriam Rignol viole de gambe
Thibaut Roussel théorbe
Julien Wolfs clavecin


Un concert à écouter couché ?

Le public est invité à apporter duvet et oreiller si le lieu accueillant le concert s’y prête : parquet au sol, tatami, possibilité d’avoir des chaises longues, des matelas, etc.
Pour éprouver encore plus intimement la force de toutes ces idées, ces sentimenents et ces atmosphères mises en mots et en musique par Lambert et Le Camus, nous avions envie de vous proposer une expérience peu explorée avec le répertoire de la musique ancienne.
Qui n’a pas rêvé d’avoir, comme Louis XIV, des musiciens attachés à sa chambre ?
C’est ce rêve devenu réalité, cette « rê(v)alité » que nous voudrions partager avec vous : à la frontière entre rêves et pensées, entre inconscience et imagination, au moment où tout est possible et ou chacun est le plus réceptif.
Allongez-vous, fermez les yeux… écoutez et profitez… !


En savoir plus

Voir les photos du concert de création au festival Musique et Mémoire

• Reportage France 3 au festival Musique et Mémoire

 


Contact

Vincent Morel
vincent.morel@agencerameau.com
+33 (0)6 75 52 22 09



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