François Couperin
Concerts Royaux

Le programme

Premier Concert
Prélude – Gravement
Allemande – Légèrement
Sarabande – Mesuré
Gavotte – Notes Egales et Coulées
Gigue – Légèrement

Second Concert
Prélude – Gracieusement
Allemande Fuguée – Gayement
Air Tendre
Air Contre Fugué – Vivement
Echos – Tendrement

Troisième Concert
Prélude – Lentement
Allemande – Légèrement
Courante
Sarabande – Grave
Gavotte
Muzette – Naïvement
Chaconne Légère

Quatrième Concert
Prélude – Gravement
Allemande – Légèrement
Courante Françoise
Courante à l’Italienne
Sarabande – Très Tendrement
Rigaudon – Légèrement et Marqué
Forlane. Rondeau – Gayement

(Proposition de programme, celui-ci pouvant être adapté avec d’autres œuvres).

Dans la préface à ses Concerts Royaux, voici ce qu’écrit François Couperin :
“Les pieces qui Suivent sont d’une autre Espéce que celles que J’ay donneés jusqu’a present. […] Je les avois faites pour les petits Concerts de chambre, ou Loüis quatorze me faisoit venir presque tous les dimanches de l’année. […] J’y touchois le clavecin. Si elles sont autant du goût du Public, qu’elles ont été aprouvées du feu-Roy ; J’en ay suffisament pour en donner dans la suite quelques volumes complets. Je […] leur ay conservé pour titre celuy sous lequel elles etoient connües a la Cour En 1714. Et 1715.
Dans cet opus publié en 1722 à la suite de son Troisième Livre de pièces de Clavecin, Couperin donne quatre suites de danses pour plusieurs instruments, de facture typiquement française, destinées à de petits concerts pour le roi vieillissant aimant là sans doute entendre ces danses qui lui ont procuré tant de plaisirs dans sa jeunesse.
Il faut donc imaginer que ces œuvres ont été jouées dans la Chambre du Roi, au crépuscule de sa vie, cette chambre où les courtisans se trouvaient tous les matins pour le lever, et cette même chambre où le Roi Soleil s’éteignit, le 1er septembre 1715.
Plusieurs chroniqueurs évoquent les dernières années du Roi, et parlent des moments intimes entre Louis et sa famille, sa femme, la Maintenon, mais également avec ses musiciens. En 1714-1715, Louis XIV est un roi âgé, qui vient d’être frappé à de nombreuses reprises par le deuil et qui se retrouve presque sans descendance, dans une France lourdement endettée par la guerre de succession d’Espagne. On peut aisément penser que ces moments de musique, en compagnie de musiciens qui lui étaient devenus proches comme Marin Marais, Delalande ou François Couperin, furent des instants privilégiés de ses dernières années de règne. On se plaît également à imaginer que les liens entre Couperin et le vieux roi et sa cour furent plus proches que ce que l’étiquette peut laisser entrevoir. Couperin ne fut jamais officiellement claveciniste de la Chambre du Roi ; mais c’est toutefois lui qui est Professeur-Maître des enfants de la France, c’est lui que l’on entend au clavecin dans les concerts de musique de chambre chez les Grands de France, et donc aux concerts du dimanche dans la chambre du roi. Mais lorsque meurt Louis XIV, les liens entre Couperin, claveciniste de la Cour, et cette dernière s’amenuisent. La Cour quitte Versailles, et Couperin redevient parisien, et s’occupe de publier ses œuvres, parfois composées plusieurs années auparavant : les Concerts Royaux font partie de celles-ci.

Bien qu’il les ait écrits sous le règne du Roi-Soleil, Couperin place déjà dans ses Concerts les germes d’une caractéristique très forte de son œuvre : le passage du règne de Louis XIV à celui de Louis XV, et en même temps du 17ème au 18ème siècle. En effet, dans ses Nouveaux Concerts intitulés également Goûts-réünis, publiés deux ans plus tard, Couperin professera ce qu’on entend déjà à la fin de cet opus, à savoir son attrait pour la musique italienne contre laquelle résistait pourtant la France, et la volonté d’unifier les goûts.
Ainsi, sans s’en rendre compte, et avec la délicatesse qu’on lui connaît, François Couperin nous fait passer d’un monarque à un autre, et amorce plus que tout autre le virage qui verra en France comme ailleurs, triompher la musique italienne.


Distribution

Les Timbres
Yoko Kawakubo et Maite Larburu violons
Elise Ferrière flûtes à bec
Benoît Laurent hautbois et flûtes à bec
Myriam Rignol et Mathilde Vialle viole de gambe
Julien Wolfs clavecin


Au disque

 » Le travail sonore atteint des sommets de raffinement ; l’esprit de la danse peut alors se conjuguer à une nouvelle dimension poétique. […] L’éloquence du style y est tranquillement souveraine . » (Diapason)
« Pour l’année Couperin 2018 – 350è anniversaire, le programme précédemment joué / rodé en concert, ne pouvait mieux tomber ». (Classiquenews)
« Toucher plutôt que surprendre : l’esprit de Couperin rayonne tout au long d’un enregistrement dont la noblesse et la poésie intense vous charment. (Concertclassic)


Contact

Vincent Morel
vincent.morel@agencerameau.com
+33 (0)6 75 52 22 09



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