« Choc » de la Revue Classica

Justin Taylor joue le 17e concerto pour piano de Mozart

Justin Taylor enregistre Mozart avec le Concert de la Loge (dir. Julien Chauvin)
Sortie en septembre 2017 – Aparté

Justin Taylor, musicien franco-américain remporte, à tout juste 23 ans, le Premier Prix du prestigieux Concours international de clavecin de Bruges (Musiqua Antica International Competition Brugge). Il décroche aussi le Prix du Public, le Prix Alpha et le Prix de l’EUBO Developping Trust décerné au jeune musicien baroque européen le plus prometteur. Justin est nommé aux Victoires de la musique classique 2017 dans la catégorie Révélation Soliste Instrumental. Cette même année, l’Association Professionnelle de la Critique lui décerne le Prix Révélation Musicale.

Depuis son plus jeune âge, Justin Taylor pratique le piano et le clavecin avec passion. Après avoir étudié en parallèle ces deux instruments à Angers, sa ville natale, Justin poursuit son parcours au CNSM de Paris dans les classes de Roger Muraro pour le piano, d’Olivier Baumont et Blandine Rannou pour le clavecin.

Son premier disque solo, paru en septembre 2016 chez Alpha, dresse un portrait musical de la famille Forqueray. Ce disque a été récompensé par un CHOC de l’année Classica, un Gramophone Editor’s Choice, un Grand Prix de l’Académie Charles Cros, un Qobuzissime… Aussi à l’aise au pianoforte qu’au clavecin, Justin Taylor a enregistré le 17ème concerto de Mozart avec Julien Chauvin et son orchestre Le Concert de La Loge (CHOC Classica, label Aparté, sortie septembre 2017). Il sera en résidence au BOZAR à Bruxelles pour la saison 2017/2018. On a pu entendre le jeune musicien en récital au Festival de la Roque d’Anthéron, à la Folle Journée de Nantes, à l’Auditorium du Louvre… et dans de nombreuses villes européennes.

On retrouvera Justin Taylor dans des concertos avec l’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie (Frank Braley), l’Orchestre de Chambre de Genève ou l’Orchestre de Mannheim. Parmi les enregistrements à venir, deux sorties sont prévues chez Alpha : un second disque solo de clavecin et un disque de cantates françaises avec Le Consort & Eva Zaïcik.
Justin Taylor ne délaisse pas pour autant le répertoire de musique de chambre. Avec son ensemble Le Consort, il remporte le Premier Prix et le Prix du Public au Concours International de Musique Ancienne du Val de Loire 2017, présidé par William Christie. En résidence à la Fondation Singer-Polignac, les jeunes musiciens du Consort interprètent des répertoires aussi variés que complémentaires : les sonates en trio baroques, le répertoire vocal avec la mezzo-soprano Eva Zaïcik, et la musique de chambre classique avec pianoforte. Le jeune musicien a déjà été l’invité de plusieurs émissions diffusées sur France 3, France Musique, sur RTBF-Musiq3… Justin Taylor est soutenu par la Fondation d’entreprise Safran.

At the age of only twenty-three, the Franco-American musician Justin Taylor won First Prize in 2015 at the prestigious International Musica Antiqua Harpsichord Competition in Bruges, obtaining in addition the Audience Prize, the Alpha Prize, and the EUBO Developing Trust Prize awarded to the most promising young European musician. He was later nominated as one of the three finalists in the “Instrumental Soloist Revelations” category in the 2017 “Victoires de la Musique” on the national television channel “France 3”. That same year, the Professional Critics Association awarded him the “Musical Revelation of the Year” Prize.
Ever since childhood, Justin Taylor has played both the piano and the harpsichord with passion. After studying both instruments in Angers, his hometown, he continued his studies, at the CNSM (Conservatoire National Supérieur de Musique) of Paris, with Roger Muraro for the piano, and with Olivier Baumont and Blandine Rannou for the harpsichord.
His first disc appeared at Alpha in September 2016. Devoted to the Forquerays (“La Famille Forqueray: Portrait(s),” Alpha Classics, 2016), it received much international attention, including the award of a Gramophone Editor’s Choice, a “Choc de l’année” from the magazine “Classica,” a Grand Prix from the Charles Cros Academy. As gifted for the fortepiano as for the harpsichord, he has just recorded Mozart’s 17th concerto (K 453) with Le Concert de la Loge : this disc will appear at Aparté in September 2017 (Choc Classica). He will be in residency at BOZAR in Brussels for the 2017-2018 season. Justin Taylor has given solo concerts at the Roque d’Anthéron Festival, at the “Folles Journées” in Nantes, at the Louvre Auditorium, and in many European cities. He will soon perform with the Royal Chamber Orchestra of Wallonie (with Frank Braley), the Geneva Chamber Orchestra, and with the Mannheim Orchestra.

Among his upcoming recordings are two new discs : a new harpsichord solo disc (Scarlatti / Ligeti) with Alpha Classics, and a Bach disc with Deutsche Gramophone in January 2018.
Justin Taylor has indeed not neglected the chamber music repertory. With his ensemble, The Consort, he won the First Prize in 2017 at the Loire Valley International Early Music Competition, whose jury president is William Christie. In residency at the Singer-Polignac Foundation, the young musicians of The Consort interpret repertories that are as varied as they are complementary: Baroque trio sonatas, vocal music with the mezzo-soprano Eva Zaïcik, and classical chamber music with the fortepiano. Justin Taylor has performed and been interviewed on several classical music shows on national radio stations such as France 3, France Musique, and RTBF-Musiq3. He is sponsored by the Safran Foundation.

Bach • Suite n°2 en la m, Prélude

 

Bach • Concerto en ré mineur, Premier mouvement
Cérémonie des 24e Victoires de la Musique, direct sur France 3

Jean-Henry d’Anglebert • Sarabande

Justin Taylor : interview & session Qobuz

« Justin Taylor possède toutes les qualités pour triompher de ces pages complexes et en magnifier l’expression : sa façon de faire sonner le clavecin, sa technique de fer, son toucher de velours et son sens du théâtre manifeste. »

« Justin Taylor has all the qualities needed to triumph in complex pages and to magnify their expressiveness:his skill at bringing out the sound of the harpsichord, his iron-hard technique, his velvet-like touch, and his obvious sense of theatricality. »
​Philippe Venturini
Classica, novembre 16

3 décembre 2017

Vrai choc musical pour les auditeurs présents à l’Auditorium du Louvre que le récital donné par Justin Taylor en septembre dernier. Entre temps, le claveciniste franco-américain a fait partie des interprètes nommés, dans la catégorie « Révélations soliste instrumental », des Victoires de la Musique.

À 24 ans, Taylor s’affirme chaque jour un peu plus dans le paysage de la musique ancienne depuis qu’il a remporté en août 2015 le Premier Prix et – chose toujours révélatrice – le Prix du Public du prestigieux Concours de clavecin de Bruges ; un tournant dans le parcours d’un musicien comblé par les muses puisqu’il est parvenu à conjuguer l’étude du piano moderne et celle du clavecin. Après des débuts à Angers, ville de son enfance, Taylor mène de front les deux instruments au Conservatoire national supérieur de Paris, avec Roger Muraro en piano, Olivier Baumont et Blandine Rannou pour le clavecin, de 2011 à 2015.

Après la victoire à Bruges – véritable « sacre » pour un claveciniste – un déclic se produit ; Taylor abandonne le piano moderne au profit du clavecin et… se laisse aussi tenter, de temps à autre, par le pianoforte, instrument qui ne lui réussit pas moins. Ne vous fiez pas aux apparences : derrière une allure encore un peu adolescente se cache un interprète d’une exceptionnelle maturité, dont le discours empreint d’autant de poésie que d’autorité, retient immédiatement l’attention. Loin des clichés « porcelaine de Saxe et poudre de riz », le clavecin sonne d’admirable façon sous ses doigts. Il n’est que d’écouter La Famille Forqueray, magnifique premier disque (sur le label Alpha) sorti fin 2016, pour s’en convaincre.

La première apparition de Justin Taylor au Festival de Pâques de Deauville l’an dernier n’était pas passée inaperçue. Il y est réinvité, le 22 avril, accompagné cette fois des membres de l’ensemble de musique de chambre qu’il a fondé, le Taylor Consort, pour un concert qui le verra successivement au clavecin (Rameau et Bach) et au pianoforte (Mozart). Voilà une excellente idée d’escapade musicale en Normandie, au cours d’un festival qui regorge, comme toujours, d’alléchantes propositions dans des répertoires variés, du baroque au contemporain. Mais Paris aura bientôt aussi l’occasion d’entendre Taylor (le 24 avril), en récital cette fois, dans un lieu proprement idéal pour le clavecin : l’intimiste théâtre du musée Grévin, où il signera un programme Bach, Rameau, Soler, Scarlatti et Sweelinck. Quant au disque, on brûle d’impatience d’entendre le Concerto n° 17 de Mozart que Taylor a enregistré il y a peu au pianoforte, accompagné par le Concert de la Loge de Julien Chauvin. Il sortira à la rentrée (sur le label Aparté), couplé avec la Symphonie « La Poule » de Haydn entre autres.

Alain Cochard
Concertclassic – 11 avril 2017

Lauréat du Premier Prix à Bruges en 2015 et nommé aux Victoires de la musique classique en 2017, auteur d’un premier disque multi-récompensé chez Alpha l’année dernière, le jeune claveciniste  donnait un récital au théâtre du musée Grévin, montrant l’étendue prometteuse de son talent.

Nullement décontenancé par les statues d’Anne Roumanoff et de Kev Adams qui entourent la scène,  se lance dans la Fantaisie chromatique de Bach avec détermination, faisant admirer dès cette pièce inaugurale d’une complexité extrême certaines caractéristiques de son jeu présentes toute la soirée : grande maîtrise technique, liberté dans les rythmes, changements de clavier et de jeux de cordes fréquents et notamment en plein morceau.

L’alternance de pièces de Bach et de Rameau permet de faire dialoguer ces deux génies du clavier. L’enchaînement de la Fantaisie chromatique et de L’Enharmonique suivie de L’Égyptienne est par exemple très bien senti, la recherche subtile dans des mouvements parfois suspendus du Français succédant à la musique sans failles mais non moins complexe de l’Allemand. Si l’on peut déceler quelques discrets signes de crispation dans la fugue de la Toccata en mi mineur, par ailleurs bien conduite et avec ampleur, la Suite en la mineurde Rameau est sans conteste le sommet du concert. Dès la longue Allemande, Justin Taylor captive son auditoire, et ne le lâche plus jusqu’aux étourdissantes arabesques de la Gavotteet de ses doubles. Si on peut regretter une Courante un peu trop rapide, voire précipitée, la manière d’amener les modulations et les chromatismes (c’est le thème de la soirée) dans la Sarabande est remarquable. On note également la très grande agilité du jeune claveciniste, doublée d’un calme olympien, dans les deux dernières pièces, très virtuoses : Les Trois Mains (le titre le dit bien) et la Gavotte.

La soirée se poursuit avec une fantaisie de Sweelinck, très intéressante mais représentant un saut temporel et stylistique trop important avec Rameau pour pouvoir être bien appréciée, enchaînée à une sonate de Scarlatti jouée de fort belle manière. Enfin, un Fandango de Soler clôt le programme, pièce de caractère dans laquelle on retrouve, comme parfois chez Scarlatti, des accords plaqués de guitare. La musique entraîne et captive, mais finit par se révéler un peu indigeste à la longue.

Tout au long de ce concert, joué par cœur à l’exception du Sweelinck et du Scarlatti, Justin Taylor aura montré une grande maîtrise, une belle musicalité et beaucoup de naturel pour faire ressortir toute la couleur des partitions choisies. On pourrait lui reprocher ses nombreux accelerandi, souvent brusques, mais certainement pas une mauvaise compréhension du discours musical ou une approche naïve des œuvres. Justin Taylor a tout d’un futur grand.

Stéphane Reecht
Resmusica – 26 avril 2017

© Jean-Baptiste Millot