XXe édition du festival Bach en Combrailles : du 6 au 12 août 2018

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« Non Impedias Musicam »
N’empêchez pas la musique !

Le poète Paul Claudel a souvent médité cette formule biblique issue du livre de l’Ecclésiastique (XXXII, 3), devenant au fil de son œuvre une source de méditation poétique. « Pour Claudel et Valéry, la musique offre en effet, au-delà d’un plaisir sensible et d’un modèle esthétique, une métaphore à valeurs multiples illustrant une vision de l’homme et du monde » (1).

Les vingt-sept événements du XXe Festival Bach-en-Combrailles, n’empêcheront pas, encore une fois de transformer ce territoire des Combrailles en terre d’élection de l’œuvre de Johann Sebastien Bach. Cette édition tentera d’entrer dans l’atelier du compositeur, en tout cas de se mettre dans ses pas. Nous accueillons cette année trois démarches de transcriptions ou de reconstitutions tout à fait singulières. Le travail mené par l’Ensemble Baroque Atlantique et le Hildebrand Consort s’inscrivent dans une démarche similaire. Ils abordent en effet l’art de la transcription « historiquement informée », telle qu’aurait pu la pratiquer et telle que la pratiqua d’ailleurs, Johann Sebastien Bach dans ses propres œuvres. Enfin, après les deux passions bien connues données les années passées, la Passion Selon Saint Marc  sera présentée dans la reconstitution proposée par Le Concert Etranger, en invitant le public à se joindre aux artistes…
L’ensemble Les Surprises, Le Consort, l’Orchestre d’Auvergne, A Nocte Temporis, les solistes Alice Julien-Laferrière, Alice Ader, Emmanuelle Bertrand, Reinoud van Mechelen et les organistes des auditions d’orgue seront nos compagnons de route pour la semaine, afin d’explorer l’œuvre fascinante de Cantor de Leipzig.
Pour Claudel, ce Non Impedias Musicam c’est aussi se mettre à l’écoute du monde qui nous entoure, dans cette idée « d’harmonie », chère à Boèce. Les Cafés-Bach, la Nocturne, le Bal et la discussion sur le texte de la Passion (vendredi après-midi) nous y inviteront. Avec Jean-Luc Ho, artiste en résidence, nous explorerons justement une œuvre dans laquelle rien n’empêche l’harmonie de se déployer : l’Art de la Fugue. N’y-a-t-il, pas chez Bach œuvre plus poétique qui nous invite à l’écoute du Monde ?

N’empêchons pas la musique. N’empêchons pas la musique de Bach ! La musique de Bach est belle. Oui. Mais de quelle musique parlons-nous vraiment ?

« Celle d’abord de ce concert qu’est la vie humaine, où nous n’avons pas le choix d’occuper notre place, petite ou grande. Nous ne sommes pas des cigales qui crient à tue-tête, accrochées à l’écorce d’un pin pendant la longueur d’un jour d’été. Nous avons à faire attention à ce qui se passe autour de nous, et une bonne part de notre destinée dépend de la finesse de notre ouïe, de la qualité de notre intelligence et de la virtuosité de nos réflexes »(2). Paul Claudel

Harmonieux festival à tous,

Vincent Morel
Directeur artistique du Festival Bach-en-Combrailles

(1) Claudeliana, Michel Lioure, Ed. Université Blaise Pascal
(2)  Les Aventures de Sophie, Paul Claudel, Œuvres Complètes XIX. Gallimard, p. 169

 

Fondée en 1998 par Jean-Marc Thiallier, l’association Jean-Sébastien Bach en Combrailles a une ambition : construire un orgue à tuyaux, dans l’église de Pontaumur, au coeur des Combrailles.
Pour que ce projet devienne une évidence aux yeux des partenaires, l’association choisit d’organiser un Festival dédié à la musique de Bach. Le premier a lieu en 1999. L’orgue est inauguré en 2004.
Sous l’impulsion et avec le concours de Gilles Cantagrel, musicologue, et Patrick Ayrton, organiste et claveciniste (qui assure la direction artistique du festival jusqu’en août 2016), le Festival a pris de l’ampleur et réunit désormais chaque année 5000 festivaliers pour 18 concerts par édition.
Depuis sa création, le Festival a reçu Wieland et Sigiswald Kuijken, Zhu Xiao Me, Olivier Vernet, Patrick Cohen-Akenine, Gustav Leonhardt mais aussi des jeunes musiciens comme Nicolas Dautricourt, Noémi Boutin ou l’ensemble Les Surprises…

Depuis août 2016, la direction artistique du festival est confiée à Vincent Morel / Agence Rameau.

L’idée de construire un orgue à tuyaux dans l’église de Pontaumur est déjà ancienne, mais s’est concrétisée avec la création en 1998 du festival Bach en Combrailles dont le succès a généré les conditions nécessaires pour convaincre les partenaires de l’association du bien fondé d’un tel instrument.
On ne pouvait pas envisager d’offrir au public l’œuvre de Jean-Sébastien Bach sans aborder l’immense répertoire de sa musique d’orgue. Faire construire un orgue à tuyaux particulièrement adapté à sa musique était donc l’un des premiers buts de l’association Bach en Combrailles.
Après divers projets d’orgues baroques de type allemand, l’idée s’est focalisée sur une restitution de l’orgue d’Arnstadt, premier instrument dont Bach fut nommé titulaire en 1703, il était alors âgé de 18 ans. La découverte de cet instrument, récemment restauré dans son état d’origine, a été un «choc» et après une première esquisse, il est apparu que les dimensions de cet orgue d’Arnstadt étaient parfaitement adaptées au volume de l’église de Pontaumur, tant dans son aspect architectural que sonore.
Les plus grands spécialistes de Bach se sont immédiatement ralliés à cette idée unique en France et l’ont soutenue sans réserve.
L’orgue a été réalisé par l’atelier de François Delhumeau. Les tuyaux ont été réalisés chez Hermann Klein à Woerth (67) et Karl Giesecke à Göttingen (Allemagne). François Delhumeau ne fabriquant pour sa part que les jeux en bois (Soubasse du pédalier). L’harmonisation a été effectuée en collaboration avec Bernd Künhel, harmoniste allemand spécialiste des orgues historiques de ce pays. Ce qui est un critère d’authenticité supplémentaire.

L’orgue comporte 22 jeux :
Deuxième clavier : Grand-Orgue («Hauptwerk») : 11 jeux
Principal 8’ – Gemshorn 8’ – Viole de gamba 8’ – Quintadena 8’ – Bourdon 8’
Quinte 6’ – Octave 4’ – Octave 2’
Cymbel II – Mixture IV
Trompette 8’

Premier clavier : Positif pectoral («Brustwerk») : 7 jeux
Bourdon 8 – Quinta 3′
Principal 4’ – Nachthorn 4’ – Flûte 4’
Sesquialtera II – Mixture III

Pédalier : 4 jeux
Soubasse 16’ – Principal 8’
Posaune 16’ – Cornet 2’